Fortune et revenus
La fortune de Christophe Dechavanne est estimée entre 10 et 20 millions d’euros pour 2026 par PureFortune. Son parcours économique se lit à travers ses émissions et Coyote, la société de production qu'il a fondée en 1989. En mars 2024, il en quitte la présidence au profit de Sixtine. Le présentateur qui a fait entrer le débat, les expériences et les imprévus dans les salons français a aussi passé trente-cinq ans à fabriquer des programmes pour les chaînes.
Parcours et repères
Ciel, mon mardi !, la conversation peut sortir de son cadre
Christophe Dechavanne passe par la radio avant de s'imposer à la télévision. Sur TF1, Ciel, mon mardi ! réunit des invités et un public autour de sujets de société. On y discute de comportements, de conflits, de croyances ou de questions qui divisent. Le présentateur distribue la parole, relance et intervient quand le plateau s'anime trop vivement.
Le dispositif donne une place visible aux réactions. Les témoignages ne se succèdent pas comme dans un reportage : des personnes peuvent se répondre sur-le-champ. Ce goût de la conversation agitée devient une signature de Dechavanne, accompagnée de l'humour de Patrice Carmouze. Le programme donne aussi à l'animateur une tribune pour une cause qu'il conservera longtemps : la prévention du VIH.
Sortez couverts, un mot de fin devient une campagne
Le slogan « Sortez couverts » rappelle l'usage du préservatif. Au début des années 1990, le message revient à la fin de ses émissions. En juin 1992, une campagne du même nom associe la télévision à des actions de prévention et de distribution.
Le 7 avril 1994, Dechavanne présente avec Frédéric Mitterrand Tous contre le sida, la soirée du premier Sidaction. Les chaînes historiques la diffusent ensemble. Dans l'archive de l'INA, la succession des séquences révèle une émission qui cherche à faire comprendre autant qu'à collecter : des chercheurs expliquent le virus, des malades et leurs proches témoignent, des artistes prennent la parole et des reportages abordent le dépistage ou la peur de l'exclusion.
Clémentine Célarié embrasse sur la bouche un homme séropositif présent sur le plateau. Le geste s'inscrit dans une soirée où il faut encore combattre les idées fausses sur la transmission du VIH. Dechavanne ne se contente plus d'une formule de clôture : sa place à la télévision sert à réunir des interlocuteurs que le public entend rarement ensemble.
Coucou c'est nous !, un plateau rempli de choses à essayer
Avec Coucou c'est nous !, lancé en 1992, il installe un rendez-vous quotidien plus léger, entouré notamment de Carmouze, Sophie Favier, Charly Nestor et Jean-Marc Lubin. Les invités côtoient des démonstrations et des expériences. Le plaisir vient aussi de ce qui résiste au bon déroulement prévu.
L'émission du 18 mars 1993, conservée dans le catalogue de l'INA, donne une idée concrète de cette composition. Dechavanne reçoit Art Mengo et propose une énigme aux téléspectateurs. Un reportage s'intéresse aux habitants de Molène qui vivent à l'heure solaire. Un pâtissier réalise une rose en pâte d'amande sur le plateau, puis Art Mengo raconte son parcours et joue au piano. Le programme fait tenir dans une même conversation une chanson, une curiosité de la vie quotidienne et un geste de métier.
Ce travail de présentation s'accompagne de la fabrication des émissions. Coyote organise la production : équipes, préparation des séquences, tournage et livraison aux diffuseurs. L'animateur devient également responsable d'une entreprise qui peut produire des programmes sans qu'il apparaisse dans chacun d'eux. Benjamin Castaldi a lui aussi cherché à créer et à vendre des formats, tout en poursuivant son métier de présentateur. Le portrait d'Arthur et notre article sur le passage d'animateur à producteur éclairent cette autre place dans la télévision.
Coyote et Sixtine, le fondateur passe la main
L'histoire de Coyote ne se termine pas avec l'arrêt d'une émission emblématique. La société continue à travailler pour différents diffuseurs. Elle produit notamment Quelle année ! pour France 2 et En bonne compagnie pour France 3. Un catalogue permet de proposer plusieurs genres et plusieurs rendez-vous, au lieu de dépendre entièrement du programme d'un seul présentateur.
Sixtine prend 51 % de Coyote en 2021. Trois ans plus tard, le groupe annonce en détenir le contrôle et la présidence. Christophe Dechavanne laisse son fauteuil à Jonathan Fenet. Puremédias rapporte le communiqué du 21 mars 2024, qui inscrit la société dans un ensemble comprenant aussi des activités de fiction, de documentaire et d'événementiel.
Le montant de cette opération n'est pas rendu public dans l'annonce. La participation majoritaire prise dès 2021 et le changement de présidence en 2024 sont donc les repères établis. Ils racontent le passage d'une société créée autour de son fondateur à une entreprise dirigée dans un groupe de production.
La valeur d'un format peut aussi se défendre devant les tribunaux. En 2021, Coyote attaque M6 et Studio 89, estimant que Incroyables transformations reprend trop étroitement un projet de relooking qu'elle avait présenté au diffuseur. M6 conteste. Le tribunal de commerce de Nanterre déboute Coyote en juin 2023, et la société annonce faire appel, comme le relate Le Parisien. Le différend montre ce qui se joue avant même le premier tournage : une idée acquise, proposée à une chaîne, puis confrontée à un autre programme effectivement diffusé.
Sur France 2, retrouver une place puis se retirer
À partir de septembre 2022, Dechavanne rejoint Quelle époque !, le talk-show de Léa Salamé sur France 2. Il n'en est plus le maître de cérémonie : il intervient comme invité permanent dans une conversation menée par la journaliste. Le retour consiste aussi à trouver le bon rythme dans un rôle différent de celui de ses grandes émissions.
Le 1er mars 2025, il annonce à l'antenne sa mise en retrait. 20 Minutes rapporte sa déclaration : il explique vouloir éviter que les réactions le visant touchent l'émission et ses équipes. Ce départ constitue une rupture dans ce retour à la télévision, distincte du changement de direction de Coyote intervenu l'année précédente.
Photographie : Georges Biard, Christophe Dechavanne à Cannes en 2002, CC BY-SA 3.0. Conversion en JPEG, image entière conservée.
Sources et méthode
Les références qui documentent les chiffres et le parcours. Comment nous vérifions les informations.
Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.
