Jacques Chirac

Ancien président de la République

Fortune non chiffréeAucune estimation personnelle suffisamment étayée
Naissance
29 novembre 1932
Décès
26 septembre 2019
Nationalité
🇫🇷 France
Métier
Ancien président de la République
Portrait de Jacques Chirac en 1997
Photo : © European Communities, 1997 / EC, photo Christian Lambiotte
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Fortune et revenus

À la fin de sa présidence, en 2007, Jacques Chirac publie une déclaration patrimoniale où figurent le château de Bity, en Corrèze, et une maison héritée de sa mère. Le Monde résume les biens déclarés à 1,41 million d'euros : un total historique qui comprend des biens du couple. Il ne représente pas une fortune actuelle ni le montant de la succession ouverte à sa mort en 2019.

L'ancien président avait passé douze ans à l'Élysée, dix-huit à la mairie de Paris et une grande partie de sa vie politique en Corrèze. Le château de Bity raconte un pan de cette implantation. La déclaration révèle aussi qu'un appartement parisien avait déjà été donné à sa fille Claude en 2004 : une transmission documentée bien avant son décès.

Parcours et repères

De la Corrèze à l'Hôtel de Ville de Paris

Né à Paris le 29 novembre 1932, Jacques Chirac entre dans l'administration, puis dans la politique gaulliste. Il est élu député de Corrèze en 1967 et devient ministre. Sa carrière s'accélère sous Valéry Giscard d'Estaing : nommé Premier ministre en 1974, il quitte Matignon en 1976 après des désaccords avec le président. Un an plus tard, il gagne la première élection du maire de Paris au suffrage universel depuis la réforme du statut de la ville.

La mairie n'est pas un simple tremplin. Pendant dix-huit ans, Chirac y construit une présence quotidienne, reçoit des élus, mène des campagnes et installe son parti dans la capitale. Il redevient Premier ministre de 1986 à 1988, cette fois face à François Mitterrand dans la première cohabitation. Après deux défaites présidentielles, il remporte l'élection de 1995 sur le thème de la « fracture sociale ». Deux ans plus tard, il dissout l'Assemblée nationale, espérant obtenir une majorité pour conduire sa politique. La gauche gagne les élections : Lionel Jospin devient Premier ministre et gouverne en cohabitation jusqu'en 2002. L'initiative présidentielle a ainsi réduit la marge d'action intérieure de Chirac pour la plus grande partie de son premier mandat.

Bity, la maison familiale et l'appartement donné à Claude

La déclaration au Journal officiel distingue ce qui appartient au couple de ce qui appartient personnellement à Jacques ou à Bernadette Chirac.

Bien Statut indiqué Valeur déclarée en 2007
Château de Bity, à Sarran Bien commun, acquis en 1969 500 000 €
Maison de Sainte-Féréole Bien propre de Jacques Chirac, hérité en 1973 60 000 €
Appartement rue de Seine, Paris Donné à Claude Chirac en 2004 Déjà transmis

Bity ancre les Chirac dans une Corrèze où chacun des époux a exercé un mandat. L'appartement parisien raconte une autre étape : le 29 novembre 2004, Jacques et Bernadette l'ont donné à leur fille Claude. Les placements au nom de Bernadette proviennent notamment de donations et de successions. Le partage de la succession de Jacques Chirac n'est pas public.

Trois décisions qui ont marqué ses années à l'Élysée

Le 16 juillet 1995, quelques semaines après son élection, Chirac reconnaît la responsabilité de l'État français dans la rafle du Vel d'Hiv. Son discours rompt avec une façon antérieure de séparer la République des actes de Vichy. L'acte est politique et mémoriel : il place une vérité historique dans la parole présidentielle. Le discours de l'Élysée sur la mémoire de la Shoah revient sur cette reconnaissance et sur les dispositifs d'indemnisation mis en place ensuite.

En 2003, face à la préparation de la guerre en Irak, il défend la poursuite des inspections des Nations unies. Le 10 mars, interrogé à la télévision, il annonce que la France votera contre une résolution ouvrant la voie à une intervention immédiate. Il explique comment le veto d'un membre permanent du Conseil de sécurité bloquerait le texte. Cette position donne à sa présidence une visibilité internationale que ses campagnes intérieures n'avaient pas toujours acquise.

À Paris, il porte aussi un projet culturel : le musée du quai Branly, décidé en 1998 et inauguré en 2006. Le jour de l'ouverture, il expose sa volonté de donner une place aux arts d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. Le musée porte désormais son nom et reste l'un des lieux les plus visibles de sa présidence.

Après l'Élysée : mémoires, fondation et vie plus discrète

Chirac quitte la présidence en 2007. En 2011, le tribunal correctionnel de Paris le condamne à deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Les faits jugés renvoient à l'époque où la Ville rémunérait des collaborateurs travaillant pour le RPR. La condamnation apporte une issue judiciaire à une affaire restée suspendue pendant ses années à l'Élysée.

Il crée aussi une fondation consacrée notamment à l'accès à l'eau, à la prévention des conflits et à la préservation des langues. Il publie deux volumes de mémoires, Chaque pas doit être un but puis Le Temps présidentiel. La fondation et les mémoires prolongent ainsi sa vie publique après le départ de l’Élysée.

Bernadette et Jacques Chirac ont eu deux filles, Laurence et Claude. Laurence meurt en 2016. Claude, longtemps conseillère en communication de son père, demeure la figure familiale la plus visible autour de sa mémoire. Jacques Chirac meurt le 26 septembre 2019 ; Bernadette meurt en juin 2026. La maison de Bity demeure liée à leur nom ; les chiffres de la déclaration, eux, appartiennent à l'année 2007.

Photo (version recadrée) : © European Communities, 1997 / EC, photo Christian Lambiotte — CC BY 4.0.

Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.