Fortune et revenus
La fortune de Patrick Sébastien est estimée entre 15 et 25 millions d'euros en 2026 par PureFortune. Ses ressources viennent de plusieurs métiers : la télévision et la production, les chansons, les spectacles et les livres. La fin de ses émissions sur France 2, en 2019, a fermé un débouché majeur pour sa société Magic TV. Elle n'a pas mis fin à ses concerts ni à un répertoire conçu pour être repris en chœur.
Avant les serviettes que l'on fait tourner et les numéros du Plus Grand Cabaret du monde, Patrick Boutot était un imitateur de cabaret. Il savait changer de voix, mais aussi de visage. Cette deuxième aptitude lui a permis de piéger des animateurs dans leurs propres émissions, devant près de 17,5 millions de téléspectateurs.
Parcours et repères
Patrick Sébastien en quelques repères
| Repère | Information |
|---|---|
| Nom de naissance | Patrick Boutot |
| Naissance | 14 novembre 1953, à Brive-la-Gaillarde |
| Activités | Animateur, chanteur, imitateur et producteur |
| Société de production | Magic TV |
| Deux rendez-vous sur France 2 | Le Plus Grand Cabaret du monde et Les Années bonheur |
D'un cabaret parisien aux déguisements de TF1
Patrick Sébastien grandit à Juillac, en Corrèze, et pratique le rugby au CA Brive. Il part pour Paris en 1974. Les premières scènes sont celles des cabarets, où il imite notamment Bourvil. Son nom d'artiste reprend le prénom de son fils aîné, Sébastien.
Les émissions de variétés des années 1970 lui offrent une autre audience. En 1976, il apparaît dans Numéro un, le rendez-vous de Maritie et Gilbert Carpentier, et assure la première partie de Michel Sardou à l'Olympia. Au fil des années, l'imitateur prend aussi les commandes du spectacle. Dans Carnaval puis Sébastien, c'est fou !, des célébrités deviennent à leur tour les interprètes d'autres personnalités : costumes, maquillage et voix donnent au divertissement son principe.
Ce goût de la transformation trouve son application la plus spectaculaire dans Le Grand Bluff. Patrick Sébastien se présente dans plusieurs programmes sous l'apparence d'un inconnu. Les animateurs croient gérer un candidat ou un invité difficile ; le téléspectateur sait qui se cache sous le déguisement et attend le moment où le masque tombera. Le catalogue de l'INA conserve les personnages, les animateurs piégés et le déroulement de ces séquences.
Diffusée le 26 décembre 1992, l'émission rassemble environ 17,5 millions de personnes, selon Médiamétrie, chiffre rapporté à l'époque par Le Monde. La télévision ne montre plus seulement ses imitations : elle devient elle-même le terrain du canular.
Le cabaret, un spectacle où la vedette change à chaque numéro
Son arrivée sur France 2 en 1996 débouche sur une autre manière d'organiser la soirée. Le Plus Grand Cabaret du monde, lancé en 1998, réunit des invités autour de tables et fait se succéder artistes visuels, illusionnistes, acrobates et humoristes. Les échanges avec les célébrités ponctuent les prestations. Le geste à voir reste celui du numéro : un équilibre, une disparition, une prouesse que l'on peut comprendre sans connaître l'artiste.
Shirley et Dino prennent une place particulière dans ce dispositif. Leur duo de personnages maladroits, avec une robe rose et un costume sombre, revient dans l'émission. Sébastien les présente aussi comme des artistes qu'il a contribué à faire découvrir au grand public. Il produit par ailleurs des spectacles d'Albert Dupontel, de Dany Boon et de Nicolas Canteloup à différentes étapes de leur carrière.
Les Années bonheur repose davantage sur le souvenir musical. Les interprètes reviennent chanter leurs titres, avec Karen Cheryl et Fabien Lecœuvre aux côtés de l'animateur. Ce sont deux promesses différentes : découvrir une performance de scène dans le cabaret, retrouver une chanson et son époque dans Les Années bonheur. Magic TV fabrique ces programmes pour la chaîne, avec les dépenses de plateau, de personnel et de production que cela suppose.
Ce que la télévision lui a rapporté
En mai 2026, une enquête de L'Informé, reprise par La Dépêche du Midi, chiffre à 175 millions d'euros le chiffre d'affaires généré par les contrats de Magic TV avec France Télévisions entre 1996 et 2019. La même reprise rapporte un salaire personnel net de 16 600 euros par mois, montant communiqué par son avocat. Le premier chiffre couvre l'activité de la société pendant vingt-trois ans ; le second décrit sa rémunération à cette époque.
La rupture commerciale a ensuite été examinée en justice. Dans un arrêt du 15 mai 2024, rapporté par Le Parisien et l'AFP, la cour d'appel fixe à 331 825 euros l'indemnisation pour rupture brutale des relations commerciales, contre un peu plus de 652 000 euros en première instance. Le litige concerne Magic TV. La cour relève que la société réalisait 95,5 % de son chiffre d'affaires avec France Télévisions, sans retenir l'abus de dépendance économique allégué.
Pour un producteur, une émission supprimée peut donc emporter bien davantage qu'un temps d'antenne. Le cas de Sébastien illustre ce qui change quand un animateur devient producteur, une activité que l'on retrouve aussi dans le parcours d'Arthur.
Des chansons qui demandent au public de participer
Le Petit Bonhomme en mousse, Tourner les serviettes et Les Sardines ont un point commun immédiatement audible : un refrain simple, fait pour être chanté ensemble. La deuxième donne même au public son accessoire et son mouvement. Dans Les Sardines, c'est l'idée d'être serrés les uns contre les autres qui fournit le ressort de la fête. Ce répertoire a trouvé sa place dans les concerts comme dans les soirées privées.
La chanson lui offre aussi un registre plus personnel. Il écrit pour Michel Sardou Chanter quand même, après la mort de son fils Sébastien dans un accident de moto en 1990. Le morceau, signé Patrick Boutot, appartient à une autre face de l'artiste que ses refrains de fête.
Son spectacle Hommages et dessert, dont le site officiel annonce des dates en 2025 et 2026, mêle chansons, imitations et confidences. Bourvil, Coluche, Nougaro ou Gainsbourg font partie des figures évoquées. Il reprend ainsi sur scène le métier qui avait précédé sa carrière d'animateur.
Le rugby, un autre attachement public
Sébastien reste lié au rugby : il a présidé le CA Brive à deux périodes, de 1995 à 1999 puis de 2007 à 2009. Cabaret, chansons, écriture et rugby traversent ainsi son parcours, bien au-delà de la dernière case occupée dans une grille de télévision.
Photographie : Serge Ottaviani ; recadrage du fichier Commons par Orrouy puis Fortune Stars, CC BY-SA 4.0. Recadrage pour le portrait.
Sources et méthode
Les références qui documentent les chiffres et le parcours. Comment nous vérifions les informations.
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