Fortune et revenus
La fortune de Sheila est estimée entre 22 et 40 millions d’euros en 2026 par Fortune Célébrités. Sa carrière repose sur les disques et les concerts, mais son histoire avec l’argent passe aussi par les contrats qui l’ont longtemps liée à Claude Carrère. La jeune fille de L’école est finie deviendra la chanteuse de Spacer, avant de retrouver sur scène un public qui l’accompagne depuis les années 1960.
| Repère | Sheila |
|---|---|
| Nom de naissance | Anny Chancel |
| Naissance | 16 août 1945 à Créteil |
| Nationalité | Française |
| Activité | Chanteuse |
| Deux chansons pour la situer | L’école est finie et Spacer |
Parcours et repères
Des bonbons sur les marchés, puis des chansons pour les copains
Avant les séances photo et les plateaux, Anny Chancel aide Micheline et André, ses parents, à vendre des confiseries sur les marchés. Le métier exige de se lever tôt, de préparer l’étal et d’interpeller les clients. Dans un entretien au Monde en janvier 2026, elle décrit cette vie comme son apprentissage du bagou. Sa mère accepte qu’elle quitte les cours de comptabilité pour tenter la chanson. Elle rejoint les Guitares Brothers ; Claude Carrère vient l’auditionner en 1962.
Le producteur lui donne le nom de Sheila et une silhouette immédiatement reconnaissable : couettes, jupe plissée, allure de camarade de classe. L’école est finie, en 1963, lui offre son premier grand succès. Le refrain fait sortir les adolescents de la salle de cours et les réunit autour d’une fête. Papa t’es plus dans le coup joue sur le décalage entre leur génération et celle des parents ; Première surprise-partie prolonge cet univers de copains et de danse.
Cette image reste attachée à Sheila, même lorsqu’elle change de répertoire. Les émissions télévisées et les disques la rendent familière à des gens qui ne l’ont jamais vue en concert. Le personnage public se fabrique très vite ; les possibilités de décider pour elle-même évoluent plus lentement.
Claude Carrère : les applaudissements et les contrats
Les accords des débuts comportent une exclusivité et se renouvellent tacitement. Sheila est salariée de son producteur. L’enquête du Monde de janvier 1996 décrit aussi des royalties, une rémunération proportionnelle aux ventes : 3 % du prix de gros, puis 10 % en 1967. En 1983, elle renégocie et devient son propre producteur, tout en restant salariée. Le catalogue Carrère est ensuite repris par Warner en 1989.
En août 1995, Carrère supprime son poste. Le conflit arrive aux prud’hommes : le 9 mai 1996, le conseil de Bobigny condamne le groupe à lui verser 4,3 millions de francs pour ce licenciement, avec des indemnités et des dommages pour préjudice moral. Le Monde précise que Carrère fait appel et qu’une autre procédure concerne le manque à gagner au cours du contrat. Le jugement sur le licenciement et la bataille sur les droits sont donc deux affaires distinctes.
Des décennies plus tard, Sheila continue de parler de cette dépendance. Sur RTL en 2025, elle revient sur son statut de salariée. Ce passé donne du relief à ses propos sur l’indépendance financière des femmes : derrière un nom célèbre et des refrains omniprésents, le pouvoir sur le travail et sa rémunération se négocie.
Spacer : Nile Rodgers lui fait découvrir sa voix grave
En 1977, Sheila chante en anglais avec B. Devotion et trois danseurs. Love Me Baby et Singin’ in the Rain déplacent son personnage vers les pistes de danse. Deux ans plus tard, elle travaille à New York avec Nile Rodgers et Bernard Edwards, les musiciens de Chic. Ils écrivent et produisent Spacer, puis l’album King of the World, paru en 1980.
La basse, la guitare rythmique et le chant installent un disque de disco-funk. Le décor aussi a changé : dans une archive de télévision conservée par l’INA, Sheila et ses danseurs évoluent en costumes d’astronautes, au milieu d’effets cosmiques. L’école des années yéyé paraît bien loin.
La première écoute de la maquette n’a pourtant rien d’une évidence. Sheila trouve la tonalité trop basse ; Rodgers veut précisément la faire sortir de ses aigus. Elle le racontera dans plusieurs entretiens. À Télérama en 2020, elle explique qu’il a été le premier à la faire chanter dans le grave et décrit cette période en groupe comme une libération. Les disques lui ouvrent un public international, mais aussi une manière différente de se servir de sa voix.
La collaboration continue longtemps après le disco. Pour Venue d’ailleurs, en 2021, Rodgers lui écrit The Law of Attraction. Ils retrouvent un travail commun quarante ans après Spacer.
Revenir à l’Olympia en changeant les chansons
Sheila monte au Zénith de Paris en 1985, puis annonce ses adieux à l’Olympia en 1989. Le retour de 1998 ne consiste pas à remettre les anciens disques dans le même ordre. Avec Yves Martin, son compagnon et collaborateur, elle réenregistre des chansons qui peuvent supporter de nouveaux arrangements : Les Rois mages passe à la salsa, Bang Bang gagne une autre énergie.
Dans un entretien au Parisien donné au moment de ces concerts, elle explique avoir aussi préparé physiquement son retour. Elle garde certains titres dans leur forme familière et en transforme d’autres. Son répertoire devient une matière à retravailler devant le public.
| Année | Projet | Ce qui change |
|---|---|---|
| 1963 | L’école est finie | La chanteuse devient une figure de la génération yéyé. |
| 1979-1980 | Spacer et King of the World | Un travail en anglais avec les créateurs de Chic. |
| 1998 | Le Meilleur de Sheila et l’Olympia | Les chansons anciennes reçoivent de nouveaux arrangements. |
| 2021 | Venue d’ailleurs | Des chansons originales et les retrouvailles avec Nile Rodgers. |
| 2025 | À l’avenir | Des textes sur l’amour, le racisme et la liberté des femmes. |
Choisir ce qu’elle chante à 80 ans
Sur À l’avenir, sorti en avril 2025, Sheila donne des thèmes à ses auteurs et discute leurs propositions. Pierre-Yves Lebert participe à cette équipe ; Daran compose notamment Dilemme et Et Dieu dans tout ça. Elle lui demande une musique qui ait du mordant. Simone rend hommage à Simone Veil et rappelle les droits acquis par les femmes ; Racée porte un propos antiraciste.
Dans L’Éclaireur de la Fnac, elle décrit ces échanges entre ses idées et le travail des paroliers. Elle se sert de ce qu’elle a vécu pour choisir des sujets qu’elle n’aurait pas abordés à vingt ans. La tournée 8.0, liée à son quatre-vingtième anniversaire, continue de la mener devant le public en 2026.
Une mère, une amie et une présence contre le sida
Son fils Ludovic, né de son mariage avec le chanteur Ringo, meurt en 2017. Sheila lui consacre Cheval d’amble sur Venue d’ailleurs. Dans un entretien à TÊTU, elle explique avoir voulu une chanson poétique, en gardant leur relation hors du jugement public.
En 2025, elle revient dans C à vous sur le concert maintenu peu après cette mort. Elle décrit la scène et la présence des spectateurs comme ce qui lui donne encore un but, dans des propos repris par Marie France. Sur À l’avenir, Une petite âme blanche est dédiée à Ludovic et à son amie Françoise Hardy.
Son lien au public passe également par la lutte contre le sida. Elle est présidente d’honneur d’Élus locaux contre le sida, l’association fondée par Jean-Luc Romero. Dans TÊTU, elle raconte les lettres de personnes malades et les contacts maintenus avec des spectateurs. Cet engagement s’est construit dans la durée, entre les concerts et les périodes où elle chantait moins.
Photographie : wolive31, CC BY-SA 4.0. Aucune retouche supplémentaire.
Sources et méthode
Les références qui documentent les chiffres et le parcours. Comment nous vérifions les informations.
Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.
