Zaho de Sagazan

Chanteuse et autrice-compositrice

2,0 M€Estimation · LaMaFortune
Nationalité
Française
Naissance
28 décembre 1999
Origine
Saint-Nazaire
Métier
Chanteuse et autrice-compositrice
Zaho de Sagazan souriante sur scène au London Palladium en novembre 2025
Photo : Raph_PH / Wikimedia Commons, 11 novembre 2025
Dans cette ficheFortuneParcoursSources

Fortune et revenus

La fortune de Zaho de Sagazan est estimée à 2 millions d’euros par LaMaFortune, dans un portrait publié en mars 2025. La chanteuse construit sa carrière autour de ses compositions, des concerts et de Disparate, le label qu’elle a fondé avec sa manageuse Lucie Guilloux.

Le public l’a découverte avec La Symphonie des éclairs, un premier album où une voix grave et des textes intimes rencontrent des pulsations électroniques. Mais ses chansons avaient déjà une vie sur scène. Avant les quatre Victoires de 2024, avant Cannes et les grands orchestres, il y a eu des premières parties, des festivals et une bande de copains de Saint-Nazaire.

Parcours et repères

Zaho de Sagazan en quelques repères

Repère Information
Naissance 28 décembre 1999, à Saint-Nazaire
Nationalité Française
Activité Chanteuse et autrice-compositrice
Premier album La Symphonie des éclairs, 31 mars 2023
Label Disparate, créé en 2021 avec Lucie Guilloux
Victoires de la musique Quatre en 2024, puis artiste féminine en 2025

Du piano de Saint-Nazaire à une première partie au Trianon

Zaho grandit avec quatre sœurs, dont sa jumelle, un père plasticien, Olivier de Sagazan, et une mère enseignante. La création fait partie de la vie familiale. Dans un entretien à Télé 7 Jours, elle rappelle que son père a longtemps travaillé sans pouvoir vivre de son art. Le salaire de sa mère faisait alors tourner la maison. Une carrière artistique lui apparaît comme quelque chose que l’on fabrique au quotidien.

À treize ans, elle se met au piano pour occuper l’ennui. Elle reprend notamment Can’t Pretend de Tom Odell et découvre le plaisir de chanter à pleine voix. Sa mère lui demande d’articuler et lui fait écouter Barbara. L’adolescente voudrait un avis sur ses mélodies ; elle finira par apprécier cette leçon de diction.

Son père lui apporte une autre découverte : Alcoholic Hymn, de Koudlam. Les basses, la voix transformée et les motifs électroniques répétés lui révèlent que les synthétiseurs peuvent provoquer une émotion aussi forte que les mots. Elle essaie de fabriquer ses propres sons sur GarageBand. Dans ses souvenirs racontés à Mastermind, Brel lui apprend aussi qu’une chanson se joue avec le visage et le corps. Son répertoire naît de ces écoutes, autant que de ses premières compositions.

Les premières chansons passent ensuite par Instagram : elle s’y regarde jouer, essaie, partage. En octobre 2021, elle assure la première partie de Mansfield.TYA au Trianon, à Paris. Jusque-là, ses expériences de scène se comptaient surtout en concerts de lycée et cafés-concerts. D’un coup, il faut tenir devant le public venu pour un autre groupe.

Le lycée Aristide-Briand a fourni davantage qu’une première scène. Dans ses « concerts Salade », elle rencontre le batteur Tom Geffray, Lucie Guilloux et Guillaume Ménard, qui réalisera ses visuels. Elle revient sur cette équipe dans Estuaire en mai 2023. Les noms que l’on retrouve après le succès sont déjà ceux des années d’apprentissage.

Les festivals lui donnent le temps de devenir une artiste de scène

Les Francofolies et Rock en Seine l’accueillent en 2022. En juillet 2023, elle joue aux Escales, à Saint-Nazaire, le festival qu’elle fréquente depuis l’enfance. Elle le décrit comme le rendez-vous où elle retrouve tous ses copains. Cette fois, elle y revient à l’affiche.

En décembre 2022, les Trans Musicales lui confient leur création à L’Aire Libre, près de Rennes. L’événement offre un cadre de travail : huit jours de répétitions, puis cinq représentations du 7 au 11 décembre. Le bilan du festival comptabilise 1 405 spectateurs, dont 298 professionnels. C’est un petit théâtre où se croisent des oreilles capables d’ouvrir d’autres scènes.

L’Antipode à Rennes, le SEW à Morlaix et Stereolux à Nantes accompagnent également le projet en 2022-2023. Zaho travaille la présence, les lumières et la place de l’électronique avec ces lieux. Le festival la présente déjà comme une interprète capable de passer du murmure au cri, du piano aux rythmes de danse. Son album n’est pas encore sorti ; son spectacle, lui, se précise.

Trois amis pour donner une forme aux chansons

La Symphonie des éclairs paraît le 31 mars 2023. Ses treize titres explorent l’amour, le rapport au corps et les émotions de l’adolescence. Zaho veut d’abord qu’une chanson tienne à la voix et au piano ; les machines viennent ensuite lui donner une autre forme. Le texte reste intelligible, même lorsque les boucles électroniques invitent à danser.

Pour construire l’enregistrement, Zaho poursuit sur Logic Pro ou Ableton, des logiciels qui permettent d’enregistrer, d’assembler et de transformer les sons. Avec Pierre Cheguillaume et Alexis Delong, du groupe nantais Inüit, elle développe la matière électronique. Elle explique à Estuaire avoir pensé le concert avant le disque : les synthétiseurs doivent pouvoir porter l’émotion autant que mettre les corps en mouvement.

Dans son entretien au Monde du 28 septembre 2025, elle précise le travail derrière cette apparente évidence. Cheguillaume lui ouvre son studio nantais lorsqu’elle a vingt ans. Pendant plus de trois ans, avec Delong, ils explorent les synthétiseurs et reprennent les morceaux, parfois en une quinzaine de versions. Le premier album porte le temps passé à chercher ensemble.

Le 25 octobre 2024, Le Dernier des voyages ajoute sept chansons à l’album, dont Old Friend avec Tom Odell. Le musicien qu’elle reprenait sur le piano familial chante désormais avec elle. Certains morceaux existaient depuis 2020. Zaho explique à Télé 7 Jours que leur production n’était pas prête pour la première sortie. Elle préfère compléter cette histoire plutôt que fabriquer immédiatement un autre album avec quelques titres supplémentaires.

La tempête de La Symphonie des éclairs et l’amie des Dormantes

Le refrain de La Symphonie des éclairs naît dans un avion. Zaho regarde par le hublot, puis voit l’appareil descendre dans les nuages. La lumière et les éclairs lui donnent ses premières images. Elle publie ce refrain sur Instagram ; les auditeurs lui demandent la suite. Elle raconte à L’EssentiART avoir alors cherché quelque chose à raconter au-delà de son amour de la pluie.

Cette tempête devient celle de l’enfant très émotive qu’elle a été. La chanson raconte une sensibilité d’abord vécue comme un défaut, puis transformée par la musique : ce qui faisait pleurer peut aussi faire danser les autres. Dans Tristesse, elle se débat avec la même émotion, mais sur un mode plus combatif. Les rythmes et l’interprétation donnent de l’énergie à un sentiment que l’on aurait pu chanter en restant immobile.

Les Dormantes part d’une autre histoire. À quinze ans, Zaho voit une amie entrer dans une relation avec un garçon qui semble formidable, puis se révèle manipulateur. Après trois ans, l’amie en sort. Elles se demandent comment elles ont pu se laisser entraîner aussi longtemps, y compris Zaho qui assistait à la relation de l’extérieur.

La chanteuse essaie de comprendre avec des mots. Elle écrit le morceau, le montre à son amie et elles corrigent ensemble quelques passages. Dans L’Éclaireur Fnac, elle décrit ce souci de justesse. L’album mêle ainsi expériences personnelles, récits observés et histoires imaginées : chaque chanson n’est pas une confidence à prendre au pied de la lettre.

Disparate : garder les enregistrements et choisir les partenaires

Les droits d’autrice-compositrice, l’exploitation des enregistrements et les spectacles alimentent le projet. Dans leur entretien au CNMlab du 17 octobre 2024, Zaho et Lucie expliquent avoir créé Disparate en 2021 pour conserver les masters, les enregistrements originaux, et décider de leur musique. Lucie gère la structure ; elles élaborent ensemble la stratégie. Selon Lucie, Zaho en est l’associée majoritaire.

Cette liberté se voit jusque dans l’ordre des chansons. Zaho tenait à ouvrir l’album par La Fontaine de sang, un choix qu’elle imagine difficile à défendre dans une grande maison de disques. Leur label permet de garder cette décision.

Virgin, au sein d’Universal, distribue les disques physiques et numériques. Warner Chappell intervient en coédition, avec des avances pour lancer le projet. Wart organise les concerts français ; Disparate devient aussi coproducteur de la tournée. Elles choisissent des partenaires pour développer leur travail tout en gardant leur structure.

Le crédit phonographique d’Orchestral Odyssey, paru en 2025, porte encore Disparate, avec une distribution exclusive par Virgin Records France. Le catalogue continue donc de grandir sous le nom de leur label.

Quatre Victoires, Cannes et une chanson pour les Jeux

Le 18 janvier 2024, à Groningen, Zaho remporte le Grand Prix du jury et le prix du public des Music Moves Europe Awards. Cette double distinction précède le rendez-vous français. Le 9 février, elle remporte quatre catégories aux Victoires de la musique : album, chanson originale, révélation féminine et révélation scène. Les prix récompensent le disque, mais aussi la manière dont elle le porte devant une salle.

Quatre récompenses lui donnent pourtant six objets à transporter : la chanson originale lui vaut trois trophées, comme interprète, autrice et compositrice. Dans Télé 7 Jours, elle raconte en avoir donné un à son tourneur, un à sa manageuse et laissé un au studio. Les autres pèsent dans sa valise ; elle prévoit de les offrir à des proches.

Le 14 mai 2024, le Festival de Cannes lui confie Modern Love, de David Bowie, pour saluer Greta Gerwig, présidente du jury. Le choix est précis : cette chanson accompagne Frances Ha, le film de Noah Baumbach dont Gerwig est la coscénariste et l’interprète principale. La chanteuse arrive ainsi dans une histoire de cinéma que la destinataire connaît de l’intérieur. Le récit officiel de l’ouverture rapporte l’émotion de la cinéaste.

Le 11 août 2024, Zaho interprète Sous le ciel de Paris au début de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris. Deux reprises, deux rendez-vous internationaux : son visage circule bien au-delà des auditeurs de son album. Le 14 février 2025, elle reçoit la Victoire de l’artiste féminine. La révélation a désormais un public installé.

Dix Olympia, plutôt qu’un concert géant

En septembre 2025, elle termine sa tournée électronique par dix concerts à l’Olympia. Selon Télérama, qui suit cette résidence, les places se sont vendues en quelques minutes. L’équipe a écarté une date à l’Accor Arena : construire un nouveau décor pour le jeter après un seul concert lui paraît coûteux et incohérent avec ses préoccupations écologiques.

Le spectacle a évolué depuis les débuts. Un plan incliné métallique accueille quatre musiciens. Les lumières deviennent une part du récit : derrière Les Dormantes, du bleu ; derrière Tristesse, du rouge. Sur Mon corps, une lampe que l’on déplace produit des ombres. Une scénographie précise prolonge ce que racontent les chansons.

Joran Le Corre, chez Wart, explique avoir fourni très tôt un autocar aménagé à la jeune équipe, malgré une première année prévue à perte. Réduire la fatigue devait permettre de poursuivre la route. Cette carrière récente repose aussi sur des paris pris avant que les salles soient pleines.

Les mêmes chansons, cinquante musiciens et un autre ordre

Le 3 octobre 2025 paraît La Symphonie des éclairs (Orchestral Odyssey), enregistrée avec l’Orchestre national de Lyon. Les seize morceaux sont répartis en quatre mouvements associés aux saisons. Romain Allender et Rémy Galichet signent les arrangements et orchestrations ; Dylan Corlay dirige les musiciens.

Le premier essai symphonique remonte à mai 2024, à la Maison de la Radio. L’expérience ouvre un autre terrain à cette voix habituée aux machines et au piano. Les 18 et 19 octobre 2025, à la Philharmonie de Paris, c’est l’Orchestre national d’Île-de-France qui l’accompagne, avec des arrangements adaptés au lieu. Le programme de la Philharmonie de Berlin la présente ensuite à l’affiche du 4 novembre 2025 avec le Heritage Orchestra, sous la direction de Dylan Corlay.

L’ordre change aussi. Sur le disque symphonique, Aspiration ouvre le voyage, La Fontaine de sang arrive en neuvième position et la chanson-titre vers la fin. Les saisons organisent autrement les émotions : l’été rassemble notamment Aspiration et Les Garçons, tandis que Tristesse et Le Dernier des voyages prennent place dans l’hiver. Le retour du printemps passe par la chanson-titre. Les morceaux forment ainsi un nouveau parcours. En février 2026, cette édition figure encore au classement officiel des albums physiques du SNEP. Un seul premier album a ainsi connu plusieurs vies : électronique, augmenté, puis symphonique.

Les applaudissements, vus depuis son ancien métier

Avant de vivre de la musique, Zaho a travaillé pendant un an comme auxiliaire de vie à domicile. En octobre 2024, dans Sept à Huit, elle compare cette expérience auprès des personnes âgées avec son nouveau quotidien. La musique lui apporte désormais un confort financier, des remerciements et des applaudissements chaque soir. Le soin exigeait beaucoup et recevait bien moins de reconnaissance.

Dans les propos rapportés par Madame Figaro, elle dit ne voir aucune raison d’être davantage considérée que les auxiliaires de vie. Ses concerts remplissent des salles ; elle garde en tête ces journées où le travail consistait à s’occuper de quelqu’un sans attendre qu’une salle se lève.

Pour découvrir d’autres voix françaises et leurs parcours, les portraits de Pomme et de Clara Luciani prolongent cette lecture.

Sources et méthode

Les références qui documentent les chiffres et le parcours. Comment nous vérifions les informations.

Consulter les sources6 références

Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.