Fortune et revenus
La fortune de Carlos Slim Helú et de sa famille est estimée à 106,9 milliards d’euros, selon le classement Forbes 2026. Le Mexicain a construit son empire autour des télécommunications, notamment América Móvil, puis l’a étendu au commerce, à la construction et à la finance.
Parcours et repères
Des entreprises achetées pendant la crise
Ingénieur formé à l’Université nationale autonome du Mexique, Carlos Slim commence par investir dans l’immobilier et des sociétés de courtage et d’industrie. En 1980, il constitue ce qui deviendra Grupo Carso. Le nom associe les premières syllabes de Carlos et de Soumaya, son épouse.
La crise de la dette mexicaine, à partir de 1982, marque un tournant. Alors que l’économie se contracte et que de nombreuses entreprises changent de mains, Carso investit dans des activités variées : tabac, assurances, commerce, papier, mines et équipements. Le groupe raconte cette période comme une stratégie d’acquisition et de réinvestissement. Slim dispose déjà d’un conglomérat avant le rachat de Telmex.
Telmex : l’opération qui change l’échelle
À la fin de 1990, Grupo Carso remporte avec Southwestern Bell, France Télécom et d’autres investisseurs mexicains l’appel d’offres pour la privatisation de Telmex, l’opérateur historique de téléphonie fixe du Mexique. Le consortium paie 1,76 milliard de dollars pour 20,4 % du capital et le contrôle. L’État vend alors un monopole téléphonique à moderniser ; les acheteurs doivent déployer le réseau et trouvent aussi un marché protégé pendant les premières années. Slim a choisi l’entreprise qui relie ménages et entreprises d’un pays entier. Cette alliance donne à son groupe une position centrale dans les télécommunications mexicaines, puis sert de base à une expansion beaucoup plus vaste.
Le mobile devient l’autre moteur. Selon l’histoire publiée par le groupe, les activités cellulaires et une partie des intérêts internationaux de Telmex sont séparées en 2000 pour former América Móvil, cotée dès 2001. La société se développe ensuite dans plusieurs pays d’Amérique latine. Un même groupe peut ainsi vendre des abonnements mobiles, des données et des services fixes à des millions de clients, plutôt que de dépendre d’un seul opérateur national. Telmex était le levier mexicain ; América Móvil devient le véhicule régional. Forbes attribue à Slim et à sa famille le contrôle de ce groupe et 76 % de Grupo Carso.
La taille acquise par América Móvil a aussi suscité des contestations. Le régulateur mexicain a classé l’ensemble économique qui l’inclut comme acteur « prépondérant » en 2014 et lui a imposé des obligations particulières. La Cour suprême du Mexique a confirmé cette classification. Le développement de l’entreprise et les débats sur la concurrence font partie de la même histoire.
Carso, Soumaya et la génération suivante
La fortune associée à Slim ne se limite pas aux réseaux téléphoniques. Forbes cite également des participations dans la construction, les biens de consommation, les mines et l’immobilier.
L’autre face de son parcours porte le prénom de son épouse : le Museo Soumaya, créé en 1994, expose la collection liée à la famille et développe des activités culturelles. Son bâtiment de Plaza Carso, ouvert en 2011, donne à cette collection une adresse neuve à entrée gratuite. Le musée présente notamment des sculptures de Rodin ; il associe le nom de Soumaya à un musée accessible au public dans le quartier où s’étend le groupe familial. Le site biographique de Slim rappelle également le rôle des fondations dans la santé et l’éducation. Sur le plan des affaires, il indique que ses fils Carlos, Marco Antonio et Patrick Slim Domit ont pris une place majeure dans la conduite des entreprises.
Photo : portrait et conditions de licence sur Wikimedia Commons.
Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.
