Fortune et revenus
La fortune d’Éric Cantona est estimée à environ 22 millions d’euros, d’après les 25 millions de dollars avancés par Celebrity Net Worth. Ses revenus viennent d’abord des salaires du football et de la publicité, puis du cinéma et de la télévision. Sa carrière musicale ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre.
Cantona a quitté Manchester United en 1997, à trente ans. Son visage, lui, n’a jamais pris sa retraite. Nike en a fait un personnage de cinéma avant que Ken Loach ne le filme dans son propre rôle. En mars 2026, près de trente ans après son dernier championnat anglais, il publie son premier album studio. Le col relevé a laissé place au micro, avec la même facilité à attirer les regards.
Parcours et repères
Le numéro 7 qui change Manchester
L’Angleterre arrive après une carrière française agitée. À la fin de 1991, Cantona annonce déjà une première retraite. Quelques mois plus tard, il contribue au titre de Leeds. En novembre 1992, Manchester United le fait venir pour 1,2 million de livres, selon le récit de l’UEFA. Ces sommes rémunèrent les clubs vendeurs ; elles ne constituent pas le salaire du joueur.
À Old Trafford, Cantona trouve une équipe qui attend son prochain titre de champion depuis vingt-six ans. Elle l’obtient au printemps 1993. Le Français apporte des buts, mais aussi des passes et une assurance qui changent le jeu autour de lui. La Premier League retient quatre championnats en cinq saisons à Manchester, jusqu’à son départ en mai 1997. Son surnom de « King Eric » tient à cette courte période, assez forte pour traverser les générations de supporters.
Il gagne aussi sa vie dans un football dont les rémunérations sont encore loin des contrats actuels. En août 1996, l’Irish Times rapporte un salaire annuel réputé de 750 000 livres pour Cantona, à l’occasion de la revalorisation du contrat de Roy Keane. C’est un repère d’époque, attribué par le journal, et non un relevé de tous ses gains. La célébrité du capitaine dépasse déjà le vestiaire : son numéro 7 et son col relevé deviennent immédiatement reconnaissables.
1995 : le coup de pied et le retour
Le 25 janvier 1995, à Crystal Palace, Cantona est expulsé. En quittant le terrain, il frappe d’un coup de pied un spectateur qui l’invective. La scène devient l’un des épisodes les plus connus de sa carrière. Le récit de PA Sport repris par SBS rappelle les huit mois de suspension prononcés par la fédération anglaise et les 120 heures de travaux d’intérêt général, décidées en appel à la place d’une peine de prison. Pendant cette absence, Manchester perd le championnat.
Son retour a lieu contre Liverpool en octobre 1995. Il marque sur penalty et retrouve une équipe où la jeunesse prend davantage de place. Manchester United rappelle ensuite ses 19 buts toutes compétitions confondues en 1995-1996, ainsi que le but décisif de la finale de FA Cup contre Liverpool. Le club réalise un nouveau doublé championnat-coupe. Le capitaine joue au milieu de jeunes joueurs comme David Beckham, dont la trajectoire fera elle aussi sortir le football des seules pages sportives.
Un an plus tard, Cantona s’arrête. Il vient encore de gagner le championnat. L’UEFA rapporte son explication : il aime toujours le jeu, mais ne veut plus organiser toute son existence autour des contraintes du métier. Il choisit de partir à trente ans, avant que les résultats ne l’y obligent. Cette décision interrompt ses salaires de joueur professionnel ; elle ouvre une longue période de travail ailleurs.
Le « Au revoir » de Nike
Dans la publicité Good vs Evil, sortie en avril 1996, Cantona affronte une équipe démoniaque avec d’autres grands joueurs. Le terrain brûle au milieu d’un ancien colisée tunisien. À la fin, le Français relève son col, lance « Au revoir » et frappe le ballon qui délivre son équipe. Les archives de Nike, publiées en juin 2026, racontent seize nuits consécutives de tournage pour ce film. L’équipementier utilise déjà l’attitude du joueur aussi sûrement que ses qualités techniques.
Le rôle continue après sa retraite. Dans The Secret Tournament, réalisé par Terry Gilliam, il accueille vingt-quatre footballeurs dans une compétition en cage, accompagnée du remix de A Little Less Conversation. Le portfolio du créatif Tim Henneberry décrit cette campagne et son prolongement en tournois amateurs, dont les gagnants rejoignent Tokyo pour un événement animé par Cantona. Celui qui n’est plus sur les terrains professionnels devient le maître de cérémonie d’un spectacle mondial de football.
La publicité prolonge ainsi l’usage commercial de son nom et de sa silhouette. C’est une activité distincte du salaire de club, qui aide à comprendre pourquoi son retrait sportif n’a pas mis fin à ses revenus.
Ken Loach fait apparaître Cantona dans un salon
En 2009, Looking for Eric est présenté en compétition à Cannes. Son héros, joué par Steve Evets, est un facteur de Manchester dont la vie familiale se défait. Il convoque son idole, et Cantona apparaît chez lui pour l’aider à reprendre pied. Le Festival de Cannes présente un film où le footballeur devient le confident imaginaire d’un homme ordinaire. Le ressort comique vient aussi de cette différence : la vedette internationale entre dans un intérieur où rien ne ressemble à sa vie publique.
Cantona n’arrive pas seulement devant la caméra. Le dossier de presse du film raconte qu’il a apporté, avec ses frères, une première histoire à Why Not Productions : celle d’un supporter qui l’avait suivi de Leeds à Manchester au prix de sa propre vie familiale. Le scénariste Paul Laverty choisit finalement d’inventer un autre personnage. Cantona souhaitait travailler avec un réalisateur anglais connaissant le football ; Ken Loach acceptait de chercher une histoire, sans promettre d’emblée un film.
Les proverbes prononcés à l’écran sont également écrits par Laverty. Le personnage joue avec la réputation philosophique de Cantona, mais ses répliques appartiennent au scénario. Ce travail installe une autre forme de revenus, celle du cinéma, où une célébrité sportive peut devenir interprète et participer à la naissance d’un projet.
Dans Dérapages, un homme que personne ne veut embaucher
Pour Dérapages, en 2020, Cantona laisse derrière lui son propre personnage. Il joue Alain Delambre, ancien directeur des ressources humaines au chômage depuis six ans. Un recrutement lui offre une possibilité de retour, avant de l’entraîner dans une situation de violence et de manipulation. La série de Ziad Doueiri, adaptée de Cadres noirs de Pierre Lemaitre, compte six épisodes. ARTE la présente comme un thriller social qui suit les dégâts du chômage et les rapports de force de l’entreprise jusque dans la famille.
Dans un entretien au magazine d’ARTE, Cantona décrit une préparation particulièrement longue avec le réalisateur, aussi longue que le tournage lui-même. Il insiste sur les changements d’émotion du rôle, la fragilité d’un homme vieillissant et les réactions que provoque sa mise à l’écart. Le travail dépasse l’apparition d’une vedette invitée : il porte le récit sur plusieurs épisodes, dans un univers où son assurance de footballeur doit céder la place au doute.
Le cinéma et les séries lui permettent ainsi de continuer à travailler sans attendre une nouvelle occasion sportive. Son parcours le fait passer de la valeur d’une image à la pratique durable d’un métier.
Un premier album studio à 59 ans
La musique prend d’abord une place auprès de Rachida Brakni, sa femme, dont il accompagne le travail artistique. La biographie d’Universal Music France retrace ensuite son EP I’ll Make My Own Heaven, en 2023, puis le disque de sa première tournée, Cantona Sings Eric — First Tour Ever, en 2024. Avant l’album studio, il y a donc déjà des chansons, des salles et une expérience du concert.
Le 13 mars 2026 paraît Perfect Imperfection, chez Barclay. À la veille de la sortie, Le Parisien décrit onze chansons entre français et anglais, parmi lesquelles Avoir le choix, Let’s Hope et On se love. Cantona a alors 59 ans. Le journal annonce aussi un projet de disque en duo avec Rachida Brakni : il s’agit d’un travail à venir, pas d’un album déjà sorti.
SNRT News, qui reprend cet entretien, précise qu’il a écrit et composé neuf des onze titres. Le média raconte la naissance de We Drive pendant un séjour à Marrakech, où une mélodie lui vient au volant. Piano et cordes accompagnent cette nouvelle étape. Il ne s’agit plus seulement de faire entendre une voix familière dans une publicité : ses chansons lui donnent une œuvre à défendre, sur disque et sur scène.
Le football continue sur le sable et dans les engagements
Cantona n’a pas complètement quitté le ballon. Après Manchester, il s’engage dans le beach soccer et devient joueur-entraîneur de l’équipe de France championne du monde en 2005. L’UEFA rappelle ce titre dans son portrait de 2019. Le terrain est plus petit, le sable change le jeu, mais il retrouve une équipe et un rôle de transmission.
En 2019, lorsqu’il reçoit le prix du président de l’UEFA, son engagement auprès de Common Goal est également mis en avant. L’institution européenne indique alors qu’il contribue à hauteur de 1 % de son salaire annuel à cette initiative, qui finance des projets sociaux par le football. Le chiffre documente cet engagement à cette date ; il ne révèle pas le montant de ses revenus.
Sources et méthode
Les références qui documentent les chiffres et le parcours. Comment nous vérifions les informations.
Consulter les sources3 références
- The One Club — The Secret Tournament, archives des crédits de la campagne Nike.
- Éric Cantona — Perfect Imperfection, page officielle de l’album.
- Photo : Éric Cantona au Festival de Cannes en 2009, Georges Biard, via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 3.0. Fichier original, sans modification.
Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.
