Fortune et revenus
La fortune professionnelle de Jean-Michel Aulas est estimée à 450 millions d’euros dans le classement Challenges 2026 repris par Lyon Capitale. Elle vient d’abord de Cegid, l’éditeur de logiciels qu’il a fondé, puis de participations rassemblées dans Holnest. L’Olympique lyonnais a donné à son nom une autre dimension, avant une tentative de conquérir la mairie de Lyon en 2026.
Parcours et repères
Les logiciels avant le stade
Né à L’Arbresle, près de Lyon, en 1949, Jean-Michel Aulas commence dans l’informatique de gestion. En 1983, il fonde Cegid, qui conçoit des logiciels pour tenir les comptes et piloter les activités des entreprises. À une époque où ces tâches quittent les registres papier, vendre un programme puis ses mises à jour ouvre un marché récurrent. La vente progressive de ses intérêts dans Cegid, achevée en 2016 selon Challenges, constitue l’un des socles du patrimoine familial.
En 1987, il prend la présidence d’un Olympique lyonnais en deuxième division. Bernard Tapie, alors patron de Marseille et connaissance d’affaires, a publiquement soufflé son nom pendant que les dirigeants lyonnais cherchaient une relève. Aulas annonce un plan « OL Europe » : retrouver l’élite, puis les compétitions continentales. La remontée arrive en 1989 ; Lyon termine cinquième en 1991 et obtient sa place en Coupe UEFA après la victoire de Monaco en Coupe de France.
Le premier titre de champion se joue bien plus tard, le 4 mai 2002. Pour la dernière journée, Lens se présente à Gerland avec un point d’avance : les deux premiers s’affrontent directement pour le trophée. L’OL gagne 3-1 devant 42 000 spectateurs, après plus de 200 000 demandes de billets selon le club. Cette soirée ouvre une série de sept titres de champion, jusqu’en 2008.
En 2004, le club reprend la section féminine du FC Lyon. Wendie Renard se souvient de débuts sans tenues d’entraînement communes : les joueuses arrivent avec des couleurs différentes. Elle attribue à Aulas l’arrivée progressive de moyens ; elle rappelle aussi que certains, au sein de l’OL, refusaient de s’intéresser à cette équipe. En 2010, les Lyonnaises perdent la finale européenne aux tirs au but contre Potsdam ; un an plus tard, elles battent les mêmes adversaires 2-0 et deviennent les premières Françaises sacrées. Elles compteront huit Ligues des champions à son départ.
L’autre grand pari est immobilier. Le stade de Décines, inauguré en 2016, permet au club de recevoir ses propres matchs et événements dans un équipement conçu pour cela. Mais il expose également l’entreprise aux coûts d’un actif beaucoup plus lourd qu’une équipe jouant dans un stade municipal.
La sortie de l’OL, puis Holnest
En décembre 2022, Holnest cède ses actions OL au groupe Eagle Football de John Textor, selon le document déposé à l’AMF. Aulas doit rester président, mais la cohabitation ne dure pas. Il quitte ses fonctions en mai 2023 après presque trente-six ans ; les désaccords avec le nouveau propriétaire et les résultats de l’équipe pèsent sur la séparation.
La holding familiale Holnest investit dans le numérique, les services aux entreprises et l’immobilier. Challenges y cite notamment Gleamer, Wyz et Cerbair. En 2024, elle reprend aussi la LDLC Arena, salle de spectacles voisine du stade. Son fils Alexandre participe à la direction de la holding.
Un second scrutin à Lyon
Après le football, Aulas entre dans la politique municipale. Il conduit en mars 2026 la liste Cœur lyonnais, soutenue notamment par la droite et plusieurs formations centristes. Le premier tour le place en tête, mais le second donne 50,67 % à Grégory Doucet contre 49,33 % à Aulas. L’écart de 2 762 voix lui ferme la mairie. Il siège néanmoins au conseil municipal.
Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.
