Fortune et revenus
Le classement Challenges 2026, repris par le journal d’iDealwine, estime la fortune professionnelle de Vincent Bolloré et sa famille à 10,8 milliards d’euros. L’industriel a repris une papeterie bretonne en difficulté avant d’étendre son groupe au transport, puis à la télévision, à la publicité et à l’édition. Ses fils dirigent aujourd’hui plusieurs des sociétés issues de cette expansion.
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Parcours et repères
Une papeterie sur l’Odet
À la fin de ses études de droit, Bolloré travaille dix ans dans la banque. En 1981, il revient dans l’entreprise familiale près de Quimper, une maison fondée en 1822 qui fabrique notamment le papier à cigarettes OCB. « Odet-Cascadec-Bolloré » : les trois lettres gardent le nom des deux sites industriels bretons et de la famille. L’entreprise est alors en difficulté ; avec son frère Michel-Yves, il la redresse, diversifie les papiers et développe les films plastiques.
Le groupe entre en Bourse en 1985. L’année suivante, il prend le contrôle de la SCAC, société de transit, première grande étape vers la logistique. Il étend ensuite le réseau en Afrique par le transport et les concessions portuaires. Ce parcours industriel apparaît dans la chronologie publiée par le groupe ; en audition au Sénat en 2022, Bolloré rappelle que ses premiers métiers étaient le papier et le fret, bien avant les antennes de télévision.
Dans les années 1990, il tente aussi de peser chez d’autres groupes cotés. Devenu deuxième actionnaire de Bouygues en 1997, il s’oppose au conseil de juillet 1998 au rachat d’une part de Bouygues Telecom par son partenaire britannique. Le récit de cet affrontement montre sa méthode : entrer au capital, puis chercher à infléchir les choix d’une entreprise qu’il ne dirige pas. Cette tentative ne lui donne pas le contrôle de Bouygues.
Des chaînes aux maisons d’édition
Bolloré lance Direct 8 en 2005, prend le contrôle de l’agence publicitaire Havas, puis devient une figure centrale de Vivendi. Vivendi reprend les chaînes Direct 8 et Direct Star en 2012, ce qui donne à Canal+ des antennes gratuites. Les acquisitions et les nominations s’enchaînent : Canal+, CNews, Europe 1, Le Journal du dimanche, Prisma Media et Hachette entrent progressivement dans le périmètre des groupes qu’il contrôle ou influence.
La transformation d’i-Télé en CNews s’accompagne d’une grève de trente et un jours en 2016. Le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne et les garanties d’indépendance demandées par la rédaction sont au cœur du conflit. Près d’un tiers des journalistes annoncent leur départ. L’arrêt des Guignols de l’info en 2018 nourrit aussi les critiques sur ses interventions dans les programmes. Au Sénat en 2022, des parlementaires l’interrogent sur la concentration des médias et le pluralisme ; Bolloré y répond que CNews est une chaîne de débats et rejette l’idée de vouloir créer une chaîne d’opinion. Lors de cette audition, il veut diffuser une vidéo montrant les critiques dont il faisait l’objet sur Canal+. Le rapporteur David Assouline lui propose de l’envoyer : « Nous ne sommes pas une salle de projection. » Le sénateur revient ensuite sur les humoristes écartés et les Guignols. Bolloré nie intervenir directement dans les rédactions.
Après le rachat de Lagardère, Vivendi se scinde fin 2024. Pour chaque action Vivendi éligible, les actionnaires reçoivent des titres Canal+, Havas et Louis Hachette Group ; cette dernière réunit notamment 66,53 % de Lagardère et Prisma Media. Bolloré et sa famille n’ont donc pas Canal+ ou Hachette en pleine propriété : ils exercent leur influence par des participations et des chaînes de contrôle, désormais réparties entre plusieurs sociétés cotées.
Vendre le transport, conserver les participations
Le groupe a cédé son activité de logistique africaine à MSC en 2022. Le 29 février 2024, il vend Bolloré Logistics à CMA CGM pour un prix d’actions provisoire de 4,85 milliards d’euros. Les cessions dégagent des ressources pour le groupe Bolloré, tandis que ses participations dans les médias restent en place.
En 2022, Bolloré annonce son retrait de la direction opérationnelle, l’année du bicentenaire de la maison familiale. Yannick préside Havas et le conseil de surveillance de Vivendi ; Cyrille dirige le groupe Bolloré. L’actionnariat familial reste un lien entre leurs entreprises, malgré la séparation juridique des activités.
Un procès attendu en décembre 2026
Le développement des ports africains donne lieu à une procédure pénale distincte de ces opérations de cession. Le 19 mars 2026, des juges ordonnent le renvoi de Vincent Bolloré devant le tribunal correctionnel pour corruption d’agent public étranger au Togo et complicité d’abus de confiance au Togo et en Guinée. L’enquête porte sur des prestations de conseil aux campagnes présidentielles de 2010 et sur les concessions portuaires. Ses avocats contestent les accusations. Le procès est annoncé du 7 au 17 décembre 2026 ; la procédure n’a pas encore donné lieu à un jugement.
Les fils aux commandes, les dessins d’enfance conservés
Vincent Bolloré demeure attaché à des objets plus anciens que ses acquisitions. Dans son portrait du classement 2026, Challenges raconte qu’il a rassemblé des originaux de bandes dessinées de son enfance dans une pièce parisienne qu’il appelle sa « pièce de régression ».
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Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.
