Fortune et revenus
La fortune de Marc Simoncini est estimée à 500 millions d’euros par Challenges, un montant relayé par RTL en novembre 2025. Le fondateur de Meetic a gagné ses premiers millions avec iFrance, un service qui permettait aux internautes de créer leur page personnelle. Il a ensuite bâti un site de rencontres payant, vendu une grande partie de ses actions et remis son argent dans de jeunes entreprises.
Sa fortune vient surtout de ce passage de créateur à actionnaire, puis à investisseur. Les abonnements ont fait grandir Meetic ; les cessions de titres lui ont permis de financer d’autres projets. Avec Jaïna Capital et Daphni, il accompagne des entreprises dès leurs débuts. Il continue aussi à en créer lui-même, quitte à rencontrer un problème que des millions et une bonne idée ne suffisent pas à résoudre. Les vélos Angell en ont fourni une démonstration coûteuse.
Parcours et repères
Avant Meetic, des logiciels et des pages personnelles
Marc Simoncini naît le 12 mars 1963 à Marseille. Sa scolarité difficile débouche sur des études d’informatique, puis sur la création d’entreprises. Une première société de services télématiques fait faillite. Il repart avec Opsion Innovation, qui développe des logiciels, avant de s’intéresser au Web.
Le Minitel a déjà familiarisé l’entrepreneur avec les services à distance. Dans un échange avec les lecteurs de 01net en 2005, il précise qu’il fabriquait les logiciels des éditeurs de messageries. Le travail se déroule donc derrière le service : écrire ce qui permet aux utilisateurs de communiquer.
Avec iFrance, cette logique gagne les ordinateurs connectés à Internet. Le site héberge gratuitement des pages personnelles et forme une communauté francophone. À une époque où publier son propre site reste moins simple qu’ouvrir un compte sur un réseau social, l’hébergeur donne aux internautes un endroit où s’installer. L’audience attire aussi les grands groupes qui cherchent leur porte d’entrée sur le Web.
Vivendi achète iFrance, mais les actions restent des actions
En mai 2000, Vivendi rachète la totalité d’iFrance. L’annonce contemporaine détaille 45 millions d’euros en numéraire, 700 000 actions Vivendi et 300 000 actions supplémentaires conditionnelles. Le prix global sera ensuite souvent présenté comme une opération à 182 millions d’euros. Une part du paiement dépend donc du cours de Bourse, une autre de l’atteinte d’objectifs.
Simoncini reste dix-huit mois dans le groupe. Quand 01net l’interroge en avril 2005, il raconte avoir investi dans des sociétés Internet disparues et dans des actions qui ont chuté. Il estime néanmoins avoir mieux traversé la crise que ceux qui n’ont pas vendu à temps. La réussite d’une cession et la réussite des placements qui suivent sont deux épisodes différents.
Pour son projet suivant, il cherche un modèle capable de devenir numéro un en Europe et d’entrer en Bourse. Il développe d’abord la technologie d’un service proche de PriceMinister, puis renonce à le lancer. La rencontre amoureuse finit par lui donner un terrain qui l’intéresse davantage.
Meetic : assez de monde pour que la rencontre ait lieu
Meetic naît en 2001. Le récit conservé par l’entreprise fait partir l’idée d’un dîner avec des amis récemment divorcés. Comment rencontrer quelqu’un lorsque la vie professionnelle est déjà installée et que les occasions se raréfient ? Le site propose de consulter des profils et de communiquer avec d’autres célibataires, moyennant un abonnement.
L’obstacle initial est très concret : personne ne paiera longtemps pour parler dans une salle vide. Simoncini explique aux lecteurs de 01net que Meetic a commencé par un concours et quelques mois de gratuité. En septembre 2005, il revendique environ 250 000 clients payants. Il surveille aussi l’équilibre entre hommes et femmes connectés, car la taille d’un fichier ne suffit pas à produire des échanges.
La marque doit en parallèle sortir de l’image du Minitel rose et des petites annonces matrimoniales. Dans un récit de son intervention aux Déjeuners du Marketing, il décrit un site coloré et une promesse de rencontres moins solennelle que le mariage à tout prix. Le nom lui-même a failli être « Soon » ; Meetic l’emporte au dernier moment.
Le modèle économique repose alors presque entièrement sur les abonnements. Le site achète beaucoup de publicité pour faire venir les célibataires, plutôt que d’attendre que sa notoriété grandisse seule. En 2006, Marketing Magazine rapporte que 95 % des revenus viennent de l’abonnement et que la moitié du chiffre d’affaires sert à acheter des bannières en ligne. Meetic doit convertir cette dépense en clients qui restent : sa croissance se fabrique autant dans les campagnes publicitaires que dans le logiciel.
Entrer en Bourse, puis laisser Match prendre le relais
Meetic entre à la Bourse de Paris en octobre 2005. L’entreprise peut poursuivre son expansion et ses acquisitions. En 2009, elle rapproche ses activités de celles de Match.com en Europe, après plusieurs années de concurrence entre les deux sites.
En mai 2011, Match.com lance une offre à 15 euros par action. Simoncini prévoit d’y apporter 70 % de ses propres titres, avec une participation résiduelle d’environ 7 % du capital. Il s’agit bien de vendre une partie de sa participation, pas 70 % de l’entreprise à lui seul.
Au Monde, il explique vouloir partir une fois Meetic devenu numéro un en Europe. Il évalue alors sa plus-value à 105 millions d’euros. Le groupe mondial qui se dessine n’est plus le chantier qu’il souhaite diriger. Il préfère revenir à des entreprises encore à construire.
| Projet | Rôle de Marc Simoncini | Étape marquante |
|---|---|---|
| iFrance | Créateur de l’hébergeur et de sa communauté | Vente à Vivendi en 2000 |
| Meetic | Fondateur du site de rencontres | Bourse en 2005, cession de titres à Match en 2011 |
| Jaïna Capital | Fondateur et investisseur | Financement de jeunes entreprises |
| Sensee | Entrepreneur dans l’optique en ligne | Cession à Acuitis en 2020 |
| Angell | Cofondateur et financier | Reprise par Rebirth en 2025 |
| EEMI | Cofondateur de l’école | Création en 2011 |
Jaïna et Daphni : financer les débuts des autres
Créé en 2009, Jaïna Capital lui permet d’investir dans des entreprises encore jeunes. Il prend des participations, apporte de l’argent et met son expérience à disposition des équipes. Lorsqu’une société grandit ou trouve un acquéreur, ses titres peuvent prendre de la valeur ; lorsqu’elle échoue, l’investissement peut disparaître.
Daphni indique qu’il a personnellement investi plus de 70 millions d’euros à travers Jaïna. Le fonds décrit des interventions au démarrage et dans les premières levées de capitaux. Simoncini rejoint Daphni en 2019 et participe au fonds Yellow. Son rôle actuel y est présenté comme celui de « Venture Partner », un partenaire qui apporte notamment son expérience d’entrepreneur.
Cette activité explique pourquoi son patrimoine ne suit plus seulement le destin de Meetic. Elle l’expose à plusieurs entreprises, à leurs besoins de financement et à leurs résultats. Le montant investi n’est pas un revenu annuel. Aucun salaire global récent de Simoncini n’est rendu public dans ces sources.
Sensee, ou la difficulté de vendre des lunettes comme un service Internet
En 2011, Simoncini investit dans Lentillesmoinscheres.com et développe Sensee. Il veut rendre les lunettes moins coûteuses en vendant sur Internet. Mais choisir une monture, la faire ajuster et obtenir les bonnes mesures ne ressemble guère à souscrire un abonnement de rencontres.
En 2015, Sensee ouvre des points de vente physiques et lance des montures à prix unique de 49 euros. L’entreprise dessine, fait fabriquer et distribue sa collection pour réduire les intermédiaires. Le projet se transforme : le site et les boutiques doivent désormais fonctionner ensemble.
En janvier 2020, Acuitis reprend les deux sites, quatre magasins et l’unité logistique. La vente clôt l’aventure de Simoncini dans l’optique, sans prix public annoncé. La présence de boutiques n’aura pas suffi à installer Sensee à l’échelle espérée. C’est aussi une limite de sa méthode : un marché déjà organisé autour de mesures, de conseils et de magasins ne se déplace pas entièrement derrière un écran.
Angell : l’écran au guidon ne protège pas le cadre
Présenté en 2019 avec Jules Trecco et le designer Ora-ïto, Angell veut faciliter les déplacements à vélo en ville. Le vélo électrique reçoit un écran de contrôle, de la navigation, des dispositifs antivol et des éclairages intégrés. Un appareil léger, connecté, facile à utiliser : le projet transpose au vélo une partie des attentes créées par le smartphone.
La difficulté se trouve aussi dans l’objet lui-même. En novembre 2024, Angell rappelle ses vélos de première génération après des problèmes de cadre. John Mollanger, son dirigeant, explique à Frandroid que l’entreprise n’a pas pu isoler une série précise et a demandé à environ 5 000 utilisateurs de cesser de rouler. Remplacer les vélos représente une charge que la société ne peut supporter seule.
Le dossier finit devant le tribunal de commerce. En juillet 2025, Rebirth reprend les titres de Simoncini et de Jaïna Ventures, qui représentent 55 % du capital de Zebra, la société derrière Angell, pour un euro symbolique. L’enquête de Frandroid, actualisée en juillet 2026, explique que les responsabilités industrielles et le financement des solutions aux clients restent au cœur d’un contentieux. La reprise ne clôt donc pas toutes les conséquences de l’échec.
Sur M6, les vérifications continuent après le générique
Depuis 2020, Qui veut être mon associé ? donne un visage télévisuel à cette activité d’investisseur. Simoncini figure encore dans le jury de la saison 6 en 2026. Des entrepreneurs présentent leur produit, son marché et une proposition d’association. Les investisseurs questionnent, négocient et peuvent promettre un financement.
En février 2026, Simoncini répond aux critiques sur les accords qui échouent ensuite. Dans une publication Instagram reprise par Puremédias, il défend les vérifications réalisées hors caméra. Un beau pitch ne remplace pas l’examen d’une entreprise. Cette étape peut faire apparaître des difficultés et conduire un investisseur à se retirer. Pour lui, refuser après cet examen fait aussi partie du métier, même si le spectacle a déjà montré une poignée de main.
Une école avec ses amis, une chanson avec sa fille
En 2011, Simoncini fonde l’École européenne des métiers de l’Internet avec Jacques-Antoine Granjon et Xavier Niel. Selon le récit de l’EEMI, les trois entrepreneurs discutent de leurs difficultés de recrutement autour d’un plat de pâtes. L’école doit former des spécialistes du développement, du design et du marketing capables de comprendre les autres métiers du Web. Le problème vient cette fois de leurs propres équipes : les entreprises ont besoin de collaborateurs, pas seulement de capital.
Sa fille Léa choisit une autre scène. Sous le nom de Seemone, elle participe à Destination Eurovision en 2019 avec Tous les deux, une chanson dédiée à son père. Il lui adresse alors un message public de soutien. Le créateur d’un site de rencontres devient le destinataire d’une déclaration chantée.
Dans son entretien de novembre 2025 à RTL, Simoncini raconte aussi les dépressions qui ont accompagné son parcours et son divorce. Il dit avoir longtemps cherché dans les projets une manière de repartir, puis découvert qu’il avait besoin de moins. Il affirme avoir transmis à ses enfants un capital de départ, un petit appartement et un projet, pour les aider sans faire de l’héritage leur seul horizon.
Sources et méthode
Les références qui documentent les chiffres et le parcours. Comment nous vérifions les informations.
Consulter les sources10 références
- Challenges — Marc Simoncini, classement des fortunes 2024.
- 01net — Entretien avec Marc Simoncini, 15 avril 2005.
- Meetic Europe — histoire et étapes du groupe.
- IAC — déclaration de l’offre sur Meetic à la SEC, 30 mai 2011.
- Journal du Net — Sensee ouvre des magasins, 5 novembre 2015.
- Acuité — Cession de Sensee à Acuitis, 28 janvier 2020.
- EEMI — histoire de l’école, 10 juin 2022.
- M6 — Qui veut être mon associé ?, saison 6.
- Purepeople — Seemone et son père, 20 janvier 2019.
- Portrait : Tiziano, Wikimedia Commons, LeWeb 2008, CC BY-SA 2.0. Photographie du 9 décembre 2008, reproduite sans modification.
Par la Rédaction Fortune Stars. Signaler une erreur sur cette fiche.
