Un joueur de tennis ne garde pas l'intégralité du prix annoncé à Roland-Garros. Cette somme rémunère son résultat avant les impôts et les dépenses de son activité. L'argent disponible dépend ensuite de son domicile fiscal, de son équipe et de ses accords professionnels. Il n'existe donc pas de pourcentage net commun à tous les participants.

En 2026, une élimination au premier tour du simple donne droit à 87 000 euros, tandis que le titre vaut 2,8 millions d'euros. Entre ces deux résultats, le coût d'une saison ne change pas dans les mêmes proportions : il faut payer les voyages, préparer les matchs et continuer à s'entraîner, même lorsque les victoires s'arrêtent.

Le barème paie un résultat, avant les dépenses

La WTA publie le barème du simple de Roland-Garros 2026. Ces montants indiquent ce que vaut le stade atteint dans la compétition, pas ce que la joueuse peut immédiatement consacrer à ses dépenses personnelles.

Résultat en simple Dotation 2026
Élimination au premier tour 87 000 €
Élimination au deuxième tour 130 000 €
Élimination au troisième tour 187 000 €
Huitième de finale 285 000 €
Quart de finale 470 000 €
Demi-finale 750 000 €
Finaliste 1 400 000 €
Vainqueur 2 800 000 €

Le joueur éliminé au deuxième tour reçoit le montant correspondant à ce résultat ; le tableau ne décrit pas des primes à additionner à chaque victoire. Les montants d'autres épreuves, comme le double ou les qualifications, doivent être lus dans leur propre barème.

La FFT a annoncé une enveloppe globale de 61,723 millions d'euros pour l'édition 2026. Elle a particulièrement augmenté les qualifications et les premiers tours, avec l'objectif déclaré d'aider les participants à financer leur saison. Une hausse du prix affiché améliore leurs recettes ; elle ne fournit pas, à elle seule, leur bénéfice.

Une retenue de 15 % ne signifie pas que le joueur garde 85 %

Pour les sportifs non résidents concernés, la notice fiscale française de 2026 prévoit en principe une retenue à la source de 15 %, sous réserve des conventions fiscales. Le prélèvement intervient lors du paiement : une partie de la somme est versée à l'administration plutôt qu'au bénéficiaire.

À titre de calcul limité à cette retenue, 15 % de 87 000 euros représentent 13 050 euros, ce qui laisse 73 950 euros avant les autres ajustements. Cet exemple suppose que ce taux s'applique au montant brut indiqué. Il ne calcule ni le revenu net final d'un participant précis ni l'argent qui lui restera après sa saison.

L'administration précise que la retenue sur les prestations sportives est non libératoire : elle ne règle pas définitivement l'impôt. Le calcul ultérieur dépend de la situation fiscale du bénéficiaire. Habiter à l'étranger ne fait donc pas disparaître automatiquement l'imposition liée à une compétition en France.

Les règles d'un joueur résident fiscal français et celles d'un non-résident ne se superposent pas. Le pays de résidence et la convention applicable comptent davantage ici que la nationalité imprimée à côté du nom sur le tableau du tournoi.

L'entraîneur, le kiné et les voyages continuent après Paris

Le tennis professionnel laisse une grande partie des frais aux joueurs. Ils financent notamment l'entraînement, l'encadrement et les déplacements de leur équipe, avec des prises en charge variables selon les événements. Le coût d'un coach présent toute l'année diffère de celui d'un accompagnement ponctuel ; voyager avec un kinésithérapeute ajoute une autre personne à transporter et à loger.

Dans son témoignage publié par Tennis.com en mai 2017, Nicole Gibbs estimait ses dépenses annuelles à plus de 200 000 dollars malgré ses efforts pour les réduire. À Paris, elle avait trouvé un appartement de trois chambres pour elle, son entraîneur et son père, à moins de 200 dollars par nuit. Le logement se trouvait toutefois au-delà de la zone desservie par le transport prévu par le tournoi.

Ces prix anciens ne sont pas un devis pour 2026. Son récit montre un arbitrage concret : un logement moins cher peut compliquer les trajets ; une allocation d'hébergement ne couvre pas forcément tous les accompagnants ni toute la durée du séjour.

La FFT a annoncé pour 2026 des améliorations de l'hébergement et des services de récupération. Ces prestations peuvent alléger ou faciliter certaines dépenses. Elles ne transforment pas pour autant le circuit entier en saison prise en charge par le tournoi parisien.

Un bon Grand Chelem peut financer les mois suivants

En mai 2016, le joueur de double Eric Butorac déclarait à l'Associated Press avoir gagné 180 000 dollars de prix l'année précédente et dépensé environ 75 000 dollars. Le reportage, publié par Tennis.com, interrogeait aussi Brian Baker, qui envisageait d'engager un kinésithérapeute grâce à son prix de premier tour. Ses blessures rendaient toutefois le choix risqué : payer un encadrement plus complet n'assurait pas qu'il pourrait continuer à jouer.

Le premier exemple concerne une année entière ; le second, une décision rendue possible par un tournoi. Aucun ne permet d'appliquer une commission standard au barème de Roland-Garros. Ils expliquent pourquoi l'argent gagné à Paris sert parfois à payer des compétitions où les recettes seront plus modestes.

Un joueur doit aussi financer les périodes sans résultat : préparation, blessure ou éliminations précoces. La somme restant après les seules factures du séjour parisien n'est donc pas nécessairement disponible pour être épargnée.

Les contrats personnels changent encore le calcul

La part revenant à l'entraîneur ou à un agent dépend des accords conclus. Sans le contrat du joueur, attribuer automatiquement 10 % à l'un ou 20 % à l'autre reviendrait à inventer une dépense. Un partenaire commercial peut également apporter des revenus ou du matériel selon les conditions de son engagement.

Il faut ainsi distinguer trois réponses : le prix brut du résultat, la somme reçue après une retenue éventuelle, puis ce que l'activité laisse réellement après ses charges et ses impôts. Pour connaître ce dernier montant, le barème officiel ne suffit pas : il faut les comptes et les accords du bénéficiaire. Gagner un tour permet de chiffrer une recette. Décider si cette recette finance un entraîneur supplémentaire, les prochains voyages ou une épargne appartient à une saison beaucoup plus longue que les quinze jours de Paris.

Photographie : MFonzatti, CC BY-SA 4.0. Court Philippe-Chatrier en mai 2024 ; redimensionnement proportionnel, sans recadrage ni retouche.

Les gains de carrière de Jo-Wilfried Tsonga et de Caroline Garcia montrent la même distinction : le cumul des primes ne correspond pas au patrimoine conservé après les dépenses et les impôts.

Sources et références 2 références

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